Assises du port du futur : l’après-pétrole se prépare maintenant


Les échanges du premier jour des Assises du port du futur ont montré que les places portuaires doivent préparer l’avenir dans le contexte de la transition énergétique.


© Cerema AURH
© Cerema AURH
La 7e édition des Assises du port du futur a eu lieu les 26 et 27 septembre 2017 à Paris. Le premier jour, les thèmes abordés ont été "acteurs portuaires et territoires" ainsi que "intégration du port dans son environnement".
Régis Soenen du Cerema a souligné : "Les échanges montrent qu’on demande beaucoup aux autorités portuaires, ce qu’ont bien compris les collectivités territoriales qui se structurent pour les seconder". Des stratégies territoriales se mettent en place autour des ports partout en France : Norlink Ports, Medlink Ports, Haropa, etc. Les stratégies apparaissent différentes les unes des autres tout comme les structures mises en place pour les porter qui peuvent être des associations, des GIE, etc. Ainsi, pour Régis Soenen, "les ports isolés, c’est terminé". Les acteurs des collectivités et des clusters portuaires doivent toutefois être vigilants à ne pas se limiter à leur seul territoire pour définir leur stratégie mais aller vers une réflexion à l’échelle des corridors de l’Union européenne voire du monde.
L’intégration du port dans son environnement constitue un autre axe de travail majeur pour les autorités portuaires, selon Olivier Lemaire du Cerema. Les ports doivent organiser l’information vis-à-vis des citoyens et non pas se contenter de réagir en cas de mécontentement par rapport à leurs activités ou à leurs projets. L’intégration du citoyen dans le port peut passer par la réalisation de belvédères, de promenades, de pistes cyclables, par l’organisation de manifestations sportives ou culturelles, de visites régulières des installations, possibles malgré le code ISPS, par la création d’un "Port Center" comme au Havre ou à Marseille.

"Les ports isolés, c’est terminé"


Il faut aussi s’interroger dès maintenant sur le modèle économique des ports pour l’après-pétrole dans le contexte de la transition énergétique. Trois questions doivent être prises en compte par les ports. La première porte sur quels flux demain à la place des énergies comme le charbon, les hydrocarbures. Il ne faut pas oublier non plus de s’interroger sur quelle place demain pour les activités de stockage de ces énergies ?
La deuxième question concerne le foncier dont les ports disposent souvent en abondance. Comment réorienter ce foncier vers des usages énergétiques nouveaux ? Comment reconvertir les friches industrielles vers un usage nouveau ?
La troisième question est celle de la transformation du rôle du port : d’aménageur aujourd’hui à producteur ou fournisseur d’énergie (électricité) voire de chaleur (bois, biogaz, méthane, etc.) demain. Au-delà des objectifs de baisse des émissions polluantes de toute sorte, il en va de l’attractivité de la zone portuaire à l’avenir et du renforcement des activités des entreprises qui y sont installées. Enfin, il existe une importante marge de progression dans les domaines de la conception et du renouvellement des infrastructures portuaires vieillissantes en France.

Faire entrer la cybersûreté dans la culture d’entreprise

Ces 7e Assises du port du futur ont abordé en profondeur la question de la cybersûreté dans le transport maritime. "Il s’agit de parler de cybersûreté dans le sens où nous devons combattre un esprit malin qui veut du mal", a commencé François Soulet de Brugière, président délégué de l’Union des ports de France. Les différents intervenants de ces assises ont souligné l’importance de la cybersûreté. "Nous travaillons beaucoup au gouvernement sur la Smart City, mais il faut aussi qu’elle soit une Safe City", a souligné Jérôme Perrin, directeur adjoint à la délégation ministérielle aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces. Et pour Naval Group, les cyberattaques sont de plus en plus nombreuses avec des impacts grandissants. "L’attaque en juin 2017 contre les systèmes informatiques de Maersk Line ont coûté entre 200 et 300 millions d'euros. Et ce chiffre est une fourchette basse puisqu’il y a eu interruption d’activité, ce qui signifie pour l’armement une probable perte de clients, de confiance voire, dans certains cas, de pertes de propriété intellectuelle", ont indiqué Thomas Hardy et Fabien Lacoste, ingénieurs à Naval Group. Avec la numérisation intensive des données du maritime, la surface des menaces grandit. Dans ce cadre, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’intégrer la sûreté dans la culture des opérateurs tant pour les données informatiques que pour les flux physiques.

Clotilde Martin et Hervé Deiss

Mercredi 4 Octobre 2017



Lu 1326 fois



     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers





Accès rapide





















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 1/03/2013
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse