La Blockchain s’invite dans le maritime


Nouvelle technologie pour le stockage, la traçabilité et la transmission de données, la Blockchain se distingue par son caractère décentralisé, la transparence et la sécurité des transactions sans organe central de contrôle. Après plusieurs pilotes, Maersk Line annonce son déploiement dans le transport maritime de conteneurs d’ici la fin de l’année.


Journée de de l’Association française des instituts de transport et de la logistique consacrée à la Blockchain le 12 avril à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne © Érick Demangeon
Journée de de l’Association française des instituts de transport et de la logistique consacrée à la Blockchain le 12 avril à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne © Érick Demangeon
Thème de la journée de l’Association française des instituts de transport et de la logistique le 12 avril à Paris, la Blockchain interpelle tous les maillons de la supply chain. Sur la base d’algorithmes, cette technologie s’apparente à une base de données distribuée entre serveurs et ordinateurs d’une chaîne d’acteurs. Les informations qui y sont saisies sont quasiment infalsifiables et indestructibles en raison de l’impossibilité de modifier le contenu de ces serveurs et ordinateurs sans consensus commun. Sans recours à un tiers de confiance, chaque acteur a accès à l’historique de toutes les informations et transactions.

L’armement danois Maersk Line et IBM annoncent le lancement d’une Blockchain d’ici fin 2017 dans le transport maritime de conteneurs © Eurogate
L’armement danois Maersk Line et IBM annoncent le lancement d’une Blockchain d’ici fin 2017 dans le transport maritime de conteneurs © Eurogate
Outil de traçabilité et moyen de protéger ainsi que d’accélérer l’échange de données, son champ des possibles semble infini, de surcroît si les blockchain sont couplées à d’autres technologies comme l’internet des objets, le big data ou l’intelligence artificielle ouvrant la voie à l’automatisation des processus de façon sécurisée, transparente et tracée.

Premiers pas en logistique

Si peu de projets faisant intervenir des centaines d’acteurs et des milliers de transactions sont en phase industrielle, plusieurs pilotes sont menés actuellement avec le concours des services douaniers et autorités publiques de nombreux pays. Walmart expérimente cette technologie pour contrôler ses approvisionnements de porc d’origine chinoise, et Fleury Michon pour tracer ses arrivages de viande. Dans la logistique des vins et spiritueux, Dartess la teste pour réduire ses stocks, garantir l’intégrité des produits, et optimiser sa traçabilité pour lutter contre les contrefaçons et les vols. Bureau Veritas autour de la traçabilité du thon ou la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) conduisent également leurs pilotes. Dans le cas de la FNTR, elle est étudiée dans le déploiement de la lettre de voiture électronique e-CMR avec, notamment, l’objectif de lutter contre les pratiques déloyales dans le transport routier de marchandises.

Maersk et IBM s’associent

Annoncé le 7 mars, un déploiement dans le transport maritime conteneurisé est fixé d’ici la fin de l’année par Maersk Line. Cette Blockchain s’appuierait sur la plateforme Open Source Hyperledger de la fondation Linux hébergée sur la solution Cloud d’IBM. Son but : "Gérer et suivre la trace de dizaines de millions de conteneurs à travers le monde en numérisant les processus de la chaîne d’approvisionnement afin d’améliorer la transparence et l’échange hautement sécurisé d’informations entre partenaires commerciaux". À cette échelle, les économies escomptées sont estimées "à des milliards de dollars par la réduction des fraudes et erreurs, la réduction des temps de transit et des stocks sur toute la chaîne d’approvisionnement, et la simplification des processus". Pour valoriser ces gains, IBM estime que les démarches administratives représentent jusqu’à un cinquième du coût global d’un transport de marchandises.

"Des gains estimés en milliards d’euros dans le transport maritime conteneurisé"


De son côté, Maersk se réfère à plusieurs études de et vers le port de Rotterdam : expéditions sous température dirigée de fleurs depuis le Kenya, de mandarines en provenance de Californie ou d’ananas de Colombie, et l’envoi de produits Schneider Electric vers Newark aux États-Unis. À chaque fois, ces transports ont fait intervenir plus d’une trentaine d’organisations et entreprises à l’origine de plus de 200 transactions. Une fois achevés, Maersk et IBM envisagent un libre accès à leurs travaux à tous les acteurs du transport maritime.

Érick Demangeon

Lundi 24 Avril 2017



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