Le nickel plonge, l’or recule, l’arabica se replie

Le nickel a plongé le 18 mars 2022 quasi instantanément sur sa nouvelle limite basse autorisée par la bourse des métaux de Londres, pour le troisième jour consécutif, après plus d'une semaine de suspension des échanges.

Le métal a ainsi ouvert en baisse de - 12 %, la nouvelle variation de prix fixée par le London Metal Exchange (LME) dans un avis publié la veille. Le 18 mars, la tonne de nickel s'échangeait ainsi à 36.915 dollars. Le LME tente de contenir la volatilité du métal en imposant des limites de mouvement de prix, d'abord de plus ou moins 5 %, puis 8 %, et enfin de 12 % dans des avis publiés quotidiennement depuis la reprise chaotique des échanges.

Mais le scénario se répète encore : les investisseurs fuient le marché et pourraient continuer tant que le prix du nickel ne leur semblera pas en adéquation avec celui des transactions sur la Bourse de Shanghai, autre place forte pour le commerce des métaux de base.

"Les principaux investisseurs indiquent qu'un prix d'environ 43.000-45.000 yuans par tonne est un prix acceptable pour le sulfate de nickel, ce qui équivaut à un prix du nickel au LME de 26.000-28.000 dollars par tonne", affirme Susan Zou, analyste chez Rystad Energy.

Le 16 mars, la cotation du nickel avait repris après plus d'une semaine d'interruption en raison de son extrême volatilité et avait été suspendue une nouvelle fois quelques minutes après son ouverture en raison d'un dysfonctionnement du marché électronique. Le métal avait dépassé les 100.000 dollars la tonne le 8 mars en raison d'une spéculation hasardeuse d'un géant chinois du nickel.

Ces transactions ont depuis été annulées par le LME, le record historique du nickel s'établissant ainsi à 48.002 dollars la tonne, enregistré le 7 mars. La Russie étant le troisième producteur mondial de nickel, la guerre en Ukraine a fait flamber les prix du métal à des niveaux records.

L’or recule

Le prix de l'or a reculé sur la semaine, entre les inquiétudes un peu moindres des investisseurs sur le conflit en Ukraine et la remontée des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Le 18 mars, l'once d'or s'échangeait pour 1.931,07 dollars, contre 1.988,46 dollars sept jours plus tôt en fin d'échanges.
Au début de la semaine, "l'espoir que les négociations entre la Russie et l'Ukraine allaient permettre de mettre fin à la guerre a pesé sur le prix", note Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank, qui souligne que "ces espoirs semblent avoir été prématurés".

Pas de quoi permettre à l'or de se reprendre : "les investisseurs aurifères sont en train de digérer l'effet que va avoir la lutte déterminée de la Fed contre l'inflation", explique à l'AFP Han Tan, analyste chez Exinity. En remontant son taux directeur et en promettant de poursuivre cette hausse au fil de l'année, la Fed rend les obligations d'État américaines, valeur refuge, plus rémunératrices.

Craintes sur la demande de café

Le cours de l'arabica s'est légèrement replié la semaine dernière, mais le robusta résistait, sur fond de craintes d'effritement de la demande avec la guerre en Ukraine. Sur l'ICE Futures US de New York, la livre d'arabica pour livraison en mai valait 217,35 cents le 18 mars, contre 221,95 cents sept jours auparavant. Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en mai valait 2.173 dollars, contre 2.095 dollars il y a une semaine à la clôture.

"L'invasion russe de l'Ukraine s'est poursuivie et a suscité de nombreuses inquiétudes quant à la demande de café dans le monde à l'avenir", freinant la remontée des prix, explique Jack Scoville, analyste pour Price Group, la Russie étant un important importateur de café.

Mais "les problèmes de logistique et de production au Brésil et au Vietnam sont toujours d'actualité", souligne l'analyste, affirmant que "les conteneurs ne sont pas disponibles au Vietnam ou au Brésil pour expédier le café". Le Brésil est le premier producteur mondial d'arabica, et le Vietnam de robusta.

"Les agriculteurs n'ayant toujours pas mis en vente une partie des réserves de leur récente récolte, il existe un certain degré de résistance des prix sur le marché interne du Vietnam", affirment les analystes d'I.&M. Smith. Même s'il "reste encore les défis de la logistique, des équipements limités et des expéditions bloquées", concèdent-ils.

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