UPR : "Notre mobilisation reste forte, intacte"


Selon Philippe Dehays, président de l’UPR (Union portuaire rouennaise), "notre mobilisation reste forte, intacte".


© Éric Houri
© Éric Houri
Vous entamez votre dixième et dernier mandat à la tête de la communauté portuaire rouennaise, de l’Union portuaire rouennaise (UPR) pour être précis. Quel bilan en tirez-vous ? Les points positifs, les points négatifs ?

Paradoxalement, le négatif c’est la création de Haropa. Concrètement, cela ne nous a rien apporté. Ce n’est qu’une marque à l’international. Il suffit de regarder les chiffres. Les autres ports européens progressent. Nous, les ports normands, non. Au contraire, les ports du Havre et de Rouen ont perdu en notoriété et stagnent. L’idée de départ était plutôt bonne, s’il s’était agi de mettre en commun des moyens, comme nous le faisons après la création de la Fédération des communautés portuaires de l’axe Seine (FCPAS), que nous avons voulu et pour laquelle je me suis battu. Mais la mise en œuvre du GIE Haropa a été ratée, avec l’absence totale d’acteurs privés dans la gouvernance de la structure. Des récompenses à l’international pour le meilleur port vert ne nous intéresse pas. Ce qui nous préoccupe, c’est de capter des tonnes supplémentaires.

Philippe Dehays, président de l’UPR (Union portuaire rouennaise) © Éric Houri
Philippe Dehays, président de l’UPR (Union portuaire rouennaise) © Éric Houri
Vous commencez par du négatif. Que retenir de positif ?

Le fait que des entreprises privées continuent d’investir. C’est la preuve que Rouen continue d’être attractif. C’est le cas de Beuzelin l’an dernier et Senalia au niveau des silotiers, ou encore des stockistes comme Bolloré sur le site de l’ancienne raffinerie Petroplus. On peut citer également le rachat au mois d’août par l’armateur Marfret de la Somap, société de manutention portuaire auparavant filiale de Sealogis (groupe SNCF Participations).

La logistique conteneurs n’est-t-elle pas le maillon faible du port de Rouen ?

Dans ce secteur, le départ de Schenker, les difficultés de Necotrans et la raréfaction des lignes régulières ne constituent pas de bons indices. Depuis plusieurs années, notre discours est d’affirmer que Rouen est trop cher en matière de foncier et de domanialité. C’est aujourd’hui un constat partagé, que personne ne conteste. Nous attendons donc un coup de pouce des collectivités concernées. Le fait que l’État accepte enfin de prendre en charge sa contribution légale au dragage des ports qui, à Rouen, correspondent à 24 % du cumul des droits de ports sur l’année est une bonne chose. Cela a permis, depuis le début de l’année, une suppression des droits de ports sur les marchandises conteneurisées à l’import, étendue depuis le 1er septembre à l’export. Et nous sommes en négociations pour étendre ces mesures au 1er janvier prochain à d’autres trafics ciblés. J’espère que ces mesures n’interviendront pas trop tardivement.

"Les autres ports européens progressent. Nous, les ports normands, non"


Depuis plusieurs années, vous stigmatisez régulièrement des relations difficiles avec les divers services de l’État. Où en êtes-vous sur ce sujet ?

Il faut admettre une prise de conscience généralisée d’une situation inquiétante. Nous avons notamment reçu la préfète Fabienne Buccio et le président de Région, Hervé Morin, et ne pouvons que nous féliciter de leur qualité d’écoute. Nous devrions pouvoir avancer sur un certain nombre de dossiers. Notamment sur la nécessité de développer l’axe Seine, nous sommes évidemment à 100 % pour. Mais encore une fois, il ne faut pas abandonner ce concept qu’à des fonctionnaires. La volonté de promouvoir le portuaire, on la ressent. C’est là que se trouvent les emplois de demain. On doit être meilleur, on se doit d’être très bon, compétitif. Notre mobilisation reste forte, intacte.

Vincent Rogé

Vendredi 15 Septembre 2017



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