Un teaser alléchant pour la relance du fret ferroviaire


Le gouvernement a dévoilé les premières mesures de son plan de relance du fret ferroviaire. Des aides au développement des autoroutes ferroviaires et des remises de droits de passage pour les trains de marchandises ont été annoncés par le Premier ministre, qui souhaite notamment faire redémarrer le train des primeurs Perpignan-Rungis.


Dans les Pyrénées-Orientales, la relance du fret ferroviaire pourrait relancer plusieurs projets ©VIIA
Dans les Pyrénées-Orientales, la relance du fret ferroviaire pourrait relancer plusieurs projets ©VIIA
Elles avaient multiplié les appels à l'aide depuis le début de la crise sanitaire au niveau européen et national. Sur le site emblématique du chantier de transport combiné de Valenton, les entreprises françaises du fret ferroviaire ont eu la satisfaction de voir le nouveau premier ministre leur répondre par un coup de pouce significatif.
Un plan de financement pris dans le cadre de la convention citoyenne et du conseil de défense écologique doit aider le secteur à passer le cap et à se développer. Ses premières mesures ont vocation à s’articuler avec le futur plan de relance, qui inclura un volet relatif au fret ferroviaire.
L'annonce la plus spectaculaire faite par le Premier ministre, Jean Castex, est celle de la gratuité des péages ferroviaires pour les trains de marchandises jusqu'à la fin de l'année et leur division par deux pour toute l'année prochaine. "C'est un signal extrêmement fort que le gouvernement donne et c'est une première étape dans ce que j'appellerai le plan de reconquête ferroviaire", a ajouté le Premier ministre. Cette étape, "conforme aux priorités annoncées par le président de la République mardi dernier", représente 63 millions d'euros en 2020 et encore 63 millions pour 2021, selon Matignon.
Cette décision constitue une reconnaissance par le gouvernement du caractère "essentiel" et durable du fer, qui "assure notre sécurité en transportant des convois industriels vitaux de matières dangereuses, évitant du trafic routier des accidents et des émissions de gaz à effet de serre, réduisant les congestions routières et le bruit".

Appels à projets d'autoroutes ferroviaires

L'exécutif constate l'érosion de la part de marché du mode ferroviaire en France au profit de la route. Le ferroviaire ne représente "plus que 9 %", soit "cinq fois moins qu’en 1974" et "la moitié de la moyenne européenne". Pour rééquilibrer la balance en faveur du rail, Jean Castex a aussi annoncé sa "ferme intention de rouvrir et développer les autoroutes ferroviaires". Le gouvernement va ainsi mettre en place un dispositif d'aides au démarrage "pouvant aller jusqu'à 35 millions d'euros" par an, afin de "faciliter le montage de projets", précise le ministère de la Transition écologique.

"Les planètes n'ont jamais été aussi alignées"

Le gouvernement promet le lancement d'appels à projets d'autoroutes ferroviaires (ferroutage). Le premier concernera dès cette année l’axe Perpignan-Rungis, cher au Premier ministre, élu municipal à Prades (Pyrénées-Orientales). Il s'est dit "meurtri par l'affaire du train des primeurs", suspendu depuis un an, et aimerait voir la ligne prolongée d'Anvers jusqu'à Barcelone. D'autres appels à projets doivent être lancés d'ici la fin de l'année pour les lignes Bayonne-Cherbourg et Sète-Calais.
Grâce à ces incitations, l'État espère voir 20.000 poids lourds de moins sur les routes en 2021, correspondant à 425.000 tonnes de CO2 émis en moins.

Investir dans le réseau

Jusqu'en juillet 2019, le "train des primeurs", formé de wagons réfrigérés, transportait chaque nuit fruits et légumes produits dans les Pyrénées-Orientales vers le marché de gros de la région parisienne. La ligne devait être relancée fin 2019 vers la plateforme multimodale de Valenton, plutôt qu'à Rungis où la gare doit être modernisée, mais les clients ne se sont pas précipités.
Jean Castex, qui était accompagné du PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou, et des ministres Emmanuelle Wargon (Logement), Barbara Pompili (Transition écologique) et Jean-Baptiste Djebbari (Transports), a également dit vouloir développer le transport combiné rail-route, car "c'est l'avenir". "Il faut aussi restructurer la gestion du fret ferroviaire, améliorer sa compétitivité", a-t-il affirmé sans plus de précision.

Un des enjeux est la modernisation du réseau ferroviaire, auquel le gouvernement consacre "plusieurs milliards d'euros par an jusqu'en 2022", selon Jean-Baptiste Djebarri.
D'accord sur ce constat, Ivan Stempezynski, président du Groupement national des transports combinés (GNTC), a demandé à Jean Castex de donner à SNCF Réseau, gestionnaire des voies, les moyens de ses ambitions. Pour lui, cette demande se justifie car "la qualité de service est le point névralgique et primordial, le prérequis des enjeux du développement du transport combiné rail-route. Celui-ci et le fret ferroviaire en France ne pourront se développer que si la ponctualité et la régularité du rail sont au moins égaux à la prestation route". SNCF Réseau était censé consacrer cette année 6,2 milliards d'euros à la modernisation des 30.000 km de lignes françaises (5,7 md en 2019 et 5,1 md en 2018).
"Le GNTC salue et se félicite de ces annonces très positives pour l’ensemble de notre filière, qui viennent récompenser un important travail de mobilisation". Il attend désormais le plan de reconquête du fret ferroviaire qui doit être "prochainement lancé dans la foulée des propositions du GNTC et de l'alliance 4F".
La pandémie de Covid-19 a mis en évidence l'apport du ferroviaire, capable de déplacer beaucoup de fret avec peu d'hommes. "Les planètes n’ont jamais été aussi alignées", jubilent les acteurs du secteur qui entendent bien profiter de l'ouverture.

Franck André avec AFP

Mardi 28 Juillet 2020



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